Le magasin jaune de Marc Trévidic

Bonjour à tous !

Lorsque j’ai lu le résumé de ce roman, j’ai immédiatement été subjuguée. Les éditions JC Lattès ont eu la gentillesse de me l’envoyer, et Isa du blog Le Petit Monde d’Isa m’a proposé une lecture commune que j’ai tout de suite accepté.

Au début de l’année 1929, un jeune couple rachète un magasin de jouets en faillite dans le quartier de Pigalle. Gustave et Valentine pensent qu’à vendre le bonheur, on ne peut que le trouver soi-même. Ils repeignent la boutique couleur mimosa  : le magasin jaune naît. C’est un soleil. Les parents et les enfants tournent autour  ; les jouets s’animent  ; la vitrine s’illumine. Les odeurs et les bruits de la rue meurent à sa porte.
Mais au-dehors, le monde change. La crise financière puis politique obscurcit tout. Arrivent la guerre, l’Occupation allemande.
Le Magasin jaune sera-t-il préservé de la violence et de l’horreur  ? Ou n’est-il qu’une prison d’illusions et de mensonges  ? Gustave s’y enferme et y garde ses secrets. Valentine veut s’en échapper. Les enfants, seuls, continuent de jouer le jeu, avec à leur tête la princesse du Magasin jaune. Ils recréent le monde, l’imitent parfois, mais toujours préfèrent l’innocence du rêve à la violence du cauchemar.

J’ai tout de suite su que ce roman allait me plaire en lisant le résumé. Et dés les premières pages, j’ai apprécié. A chaque début de chapitre, l’histoire est transposée en conte de quelques lignes, ce qui donne une infinie douceur à ce que l’on s’apprête à lire, tout en introduisant chaque chapitre. Mais j’ai mis un peu de temps avant de réussir à rentrer dans l’histoire. Je me sentais tenue à distance par Gustave, surtout. Ce personnage est grave, et a du vivre des traumatismes douloureux. Du coup, j’avais l’impression qu’il ne me laissait pas entre-apercevoir son bon côté, ou seulement par moments. En fait, je me suis retrouvée dans la position de Valentine. Jusqu’à l’arrivée de Quinze, leur fille.

Quelle boule d’énergie cette Quinze, de vraie prénom Germaine. A l’instar du magasin jaune, c’est un vrai soleil, une vraie princesse de magasin de jouet. J’ai adoré son personnage, parfaitement équilibrée. Cela permet d’accepter les parents, qui sont plutôt difficiles, simplement parce qu’ils sont blessés. En effet, l’histoire débute, et passe assez rapidement, sur la Première Guerre Mondiale. Mais les traumatismes laissés par cette guerre sont profonds, tels des tranchées. Et bien des années après, cela se ressent encore à Paris. Jusqu’à la nouvelle guerre, encore plus terrible, plus meurtrière, plus brutale dans sa violence quotidienne.

« Mais on dirait qu’elle n’irait pas jusqu’au bout parce qu’elle serait lâche, parce que, même si on n’a qu’une vie, elle préférerait laisser rouiller la sienne plutôt que de la brûler et d’en ramasser les cendres. Elle n’irait pas, parce que la vie n’est pas un jeu, même quand on vit dans un magasin de jouets. »

En réalité, dés la seconde partie du roman, nous sommes plongés au cœur de la vie à Paris durant ces années horribles. Et si le magasin jaune permet de survivre, il permet aussi de résister, à sa façon. Tout comme Isa, j’ai été vraiment émue du destin de tous les personnages, qu’ils soient principaux ou secondaires. On s’attache tant aux habitants de cette rue que le roman se lit très rapidement, simplement parce qu’il est inconcevable de les abandonner. Et à la fin, la claque. Toute la force du roman se situe dans les dernières pages, et pour celles-ci, je vous conseille de le lire, absolument. Surtout si vous lisez des romans qui traitent de cette période.

Marc Trévidic nous parle de la Seconde Guerre Mondiale à travers les jouets, et c’est une jolie façon d’écrire un roman aussi touchant. Si au début je me sentais un peu mise à distance par le caractère de Gustave, l’apparition de Quinze, sa fille, a tout changé. Dés la seconde partie du récit, je me suis sentie pleinement investie, moi-même une habitante de la rue Germain-Pilon. Pour me prendre une claque monumentale sur la fin. Cette perle se cache bien, je vous le conseille de tout cœur !

La chronique d’Isa

Éditions Jean-Claude Lattès — Wikipédia

8 réflexions sur “Le magasin jaune de Marc Trévidic

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