Le maître de thé de Yasushi Inoué

Bonjour à tous !

Ma copine Juliette du blog Coeur d’encre 595 m’a offert ce tout petit roman dans le cadre du swap Histoire de thé que nous avions organisé le mois dernier. Je pensais pouvoir le lire en un rien de temps, et pourtant, il s’est révélé bien complexe.

« Monsieur Rikyu a assisté à la mort de beaucoup de samouraïs… Combien d’entre eux ont dégusté le thé préparé par Monsieur Rikyu avant d’aller trouver la mort sur le champ de bataille ? Quand on a assisté à la mort de tant de guerriers, on ne peut pas se permettre de mourir dans son lit ! »Non, Monsieur Rikyu (1522-1591), Grand Maître de thé issu du bouddhisme zen, n’est pas mort dans son lit ! Il s’est fait hara-kiri à l’âge de 69 ans. Pourquoi s’est-il donné la mort ? Un vieux moine, son disciple, tente d’élucider le mystère de ce suicide.Ce livre-enquête nous projette dans le Japon de la fin du xvie et du début du xviie siècle. A cette époque, la cérémonie du thé était un acte grave, un rituel qui témoignait d’un engagement redoutable, empreint d’exigences éthiques et politiques, prétexte parfois à des négociations secrètes.Le Maître de thé est donc tout naturellement un roman d’initiation, de méditation, lyrique et sensuel à la fois.

Lorsque j’ai pris ce roman en main, je m’attendais a ce qu’il soit rapide à lire. Pourtant, je me suis rapidement rendue compte que j’allais mettre du temps pour assimiler toutes les informations données. Déjà, j’ai eu du mal à cause de tous les noms japonais mentionnés. Il en va de même pour l’espace temporelle. Heureusement que les années en ancien japonais sont traduites en notes de bas de pages pour les français. Ce n’était vraiment pas évident. Et dans la structure de l’histoire, l’auteur saute parfois plusieurs années, mais on ne se rend pas tout de suite compte, ce qui est assez perturbant.

Cela dit, au delà de toute ces petites difficultés, qui ne sont pas insurmontables, j’ai été tout de même assez captivée par le récit. Déjà, il est un peu mystique, d’une certaine façon. Honkakubo, le narrateur, a tendance à parler aux morts, ou à les croiser dans ses rêves, ce qui est particulier. Mais cela permet à l’histoire d’avancer puisqu’il cherche a savoir ce qui est arrivé à son maître. J’ai beaucoup apprécié cette recherche, parce qu’au fil des pages, il va mener une petite enquête sur plus de 30 ans ! Du coup, ce sont de courts compte-rendus de différentes rencontres avec d’autres notables de la cérémonie du thé ainsi que des apprentis de son maître.

« D’une manière générale, il n’y a, depuis l’origine de la cérémonie du thé, aucun écrit. Il faut simplement savoir reconnaître les ustensiles anciens chinois, rencontrer des hommes de thé qualifiés et pratiquer la cérémonie du thé avec eux, inventer son propre style, et pratiquer jour et nuit. Ceux qui sont conscients de ces préceptes sont des maîtres. »

C’est ce que j’ai trouvé le plus intéressant, je crois. J’en ai vraiment appris énormément sur la cérémonie du thé au Japon du XVIème siècle ! Je ne savais absolument que celle-ci avait un caractère sacré ou aussi formel. Qu’il y avait de vrais Maîtres du thé dans les Palais, avec des salles dédiées. Ni tout ce que cela signifiait pour eux d’ailleurs. Je pense même que je suis passée à coté de choses importantes parce que je n’étais pas en mesure de tout comprendre. Même les ustensiles étaient considérés comme des objets de collection et avaient des noms. C’est assez impressionnant et j’ai vraiment aimé en apprendre autant sur cette tradition.

Mon avis est finalement assez mitigé. A cause de la complexité de l’écrit, je suis certainement passée à coté de nombreuses choses que le récit avait à révéler. Cela dit, j’en ai tout de même appris énormément sur la cérémonie du thé au Japon, et ma culture générale s’en trouve vraiment enrichie. Merci à toi, Juliette, pour ce cadeau de haut niveau !

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5 réflexions sur “Le maître de thé de Yasushi Inoué

  1. Je suis contente qu’il t’ait plu malgré tout :3 Je connaissais un peu le principe de la cérémonie du thé japonaise grâce à deux ou trois mangas, mais ta critique me donne envie de vérifier ce que j’ai appris 😀

  2. Pingback: IMM #156 : 26 février au 4 mars 2018 | Sorbet-Kiwi

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