Sous le soleil de mes cheveux blonds de Agathe Ruga

Bonjour à tous,

Il y a des romans qui vous prennent tellement par surprise que ça vous coupe le souffle, et Sous le soleil de mes cheveux blonds m’a fait exactement cet effet là. Un grand merci aux éditions Stock pour l’envoi, et toutes mes excuses pour cette chronique tardive.

L’une est blonde, secrète et bourgeoise. Au lycée, on la surnomme Brigitte. L’autre, extravertie et instable, répond au nom de Brune. Toutes deux sont encore des jeunes filles pleines d’avenir. Ensemble, elles se le promettent, elles pourront tout vivre.Traversant les années folles de la jeunesse, elles découvrent la joie d’aimer, de danser, de rire et de boire jusqu’au petit matin en rêvant à leurs destins de femmes. Mais un étrange jour d’été, tout s’arrête brusquement. Sans donner aucune explication, Brigitte rompt leur amitié et disparaît.
Les années passent mais n’effacent pas la douleur de l’absence. Lorsque Brune tombe enceinte, le moment est venu de comprendre ce qui s’est joué entre elles, ce qui les a unies puis séparées. D’autant que Brigitte, dont elle n’avait plus la moindre nouvelle, revient la hanter : dans ses rêves, elle aussi attend un enfant… Avec brio, Agathe Ruga explore une tranche de vie aussi enivrante que violente, celle des premières fois, de l’éveil de la féminité, du passage à l’âge adulte et des désillusions, jusqu’à la délivrance.

J’ai pris ce roman en main plusieurs fois, et à chaque fois, je me disais que ce n’était pas le bon moment. Qu’il y en aurait un plus propice. Et finalement, c’est celui qui m’aura mis une claque cet été, à un tel point que j’ai du le poser plusieurs fois en cours de lecture. Même si je n’ai pas du tout le même parcours que Brune, la personnage principale, d’un point de vue professionnel ou maternel, j’ai le même caractère. Et il n’est pas aisé de lire un miroir de soi-même dans une fiction, et d’être forcée à prendre du recul sur les choix que l’on a pu faire dans sa vie. J’étais complètement retournée, mon cœur battait à 1000 à l’heure et j’ai noté tant de citations… que j’en pleurais. Mon mari ne savait plus quoi faire de moi, le pauvre.

Du coup, c’était si intense que j’entrecoupais la première partie. Puis je me suis posée à partir de la deuxième et j’ai lu les 212 pages qu’il me restait d’une traite. Parce que ce roman est addictif. La plume est juste, la remise en question difficile, et pourtant fortement présente. La relation que Brune entretient avec le monde m’a fasciné comme elle m’a poussé à me questionner. Nous allons plus loin dans son enfance, on nous explique, sans en faire de trop. Tout est équilibré. Brune est l’héroïne de son histoire, mais la personnage principale, c’est Brigitte. Ou plutôt, sa relation avec Brigitte.

« La déception chez une femme ne s’efface jamais. Elle se superpose seulement à d’autres. L’amour d’une femme se mesure à la quantité de déceptions que son ventre peut supporter. Une fois que celle-ci a pénétré l’âme, le mépris qui l’accompagne ne peut s’en déloger. »

J’ai beaucoup aimé cette façon qu’avait Agathe Ruga de mettre en avant cette amitié intense, profonde et fragile à la fois. Elle créé le lien entre ses deux jeunes femmes devenues adultes à travers la maternité, alors qu’elles ne sont pas en contact. Pas vraiment. Elle a une magnifique façon de permettre à son héroïne de faire le deuil de cette amitié, qui commence par l’estomac et se termine par l’utérus. L’horoscope la guide autant que les paroles de France Gall, et va lui permettre de renaître, dans une vie pleine et choisie, et nous avons le droit d’assister à ce renouveau majestueux. J’ai aimé cette notion de pardon qu’introduit l’autrice, que ce soit l’idée de pardonner aux autres, mais surtout de se pardonner à soi-même. Et c’est ce qui m’a le plus profondément touché.

Sous le soleil de mes cheveux blonds m’a broyé le cœur et m’a laissé vidé de toute énergie tant il est intense. Je me doutais que j’allais aimé, mais je ne savais tout simplement pas à quel point. Un roman unique dans son genre, à découvrir de toute urgence si ce n’est pas encore fait, d’autant plus qu’il vient tout juste de sortir au format poche !

Stock, éditeur depuis 1708

Les chroniques chez les copines : 

15 réflexions sur “Sous le soleil de mes cheveux blonds de Agathe Ruga

  1. Pingback: Changer l’eau des fleurs | Coeur d'encre 595

  2. Waouh, effectivement il a l’air puissant ! Et je compatis pour ton mari, mon copain aussi me regarde bizarrement quand je pleure sur un livre, l’air de dire « Mais POURQUOI tu te fais du mal comme ça ? » ^^’

  3. Pingback: C’est lundi, que lisez-vous ? #2020-23 | Sorbet-Kiwi

  4. C’est vrai que j’ai noté aussi plusieurs citations (celle que tu relates ici est très juste !). Ça fait du bien un livre qui nous remue 😉

  5. Pingback: Bilan #73 : Juillet 2020 | Sorbet-Kiwi

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