Enfer Blanc de Max Annas

Bonjour à tous !

Aujourd’hui sort ce roman intéressant sur la ségrégation raciale en Afrique du Sud, qui m’a beaucoup interpellé. Lauréat du Deutscher Krimipreis, le prix du roman policier allemand, il ne pouvait que m’intriguer. Merci aux éditions Belfond pour cet envoi !

C’est l’été, il est midi et Moses, jeune étudiant noir, n’aspire qu’à une chose : se poser chez lui avec sa copine et une bière bien fraîche. Sauf que sa vieille Toyota vient de le lâcher. Tout comme son portable. Seule option : franchir le mur d’une gated community pour trouver de l’aide. Mais dans ces résidences ultrasécurisées, où le seul fait d’être noir est suspect, le moindre faux pas peut avoir des conséquences terribles. Et Moses est sur le point de commettre sa première erreur.
À une rue de là, Nozipho et Thembinkosi, improbable duo de cambrioleurs, viennent de tomber sur un os : alors qu’ils visitent l’une des coquettes maisons de la résidence, les deux malfrats découvrent le cadavre encore tiède d’une vieille dame, caché dans un congélateur…
La souricière est en train de se refermer. Pour en sortir, il faut courir. Ou mourir.

Max Annas nous propose un huis-clos ouvert. Moses est piégé, mais à l’extérieur. Ce roman, c’est un peu comme un film d’horreur. Vous savez, du genre Détour Mortel : vous tombez en panne en bordure de forêt, et vous tombez sur des malades mentaux qui tentent de vous assassiner et de garder vos organes dans des bocaux en verres poussiéreux. Enfer Blanc, c’est le même style, sauf que ça pourrait être la réalité, et que Moses, jeune personne noire en Afrique du Sud doit chercher de l’aide dans une résidence fermée réservée aux riches, quasiment tous blancs, et ils ne l’aiment pas. Le racisme est au centre de cette intrigue révoltante. On aimerait pouvoir se dire que ce jeune adulte a juste besoin de sonner à une porte, de demander de l’aide et qu’il pourrait repartir tout aussi tranquillement. Sauf que ça ne marche pas comme ça dans un monde où certains ont tous les pouvoirs, et en l’occurrence, ici, ce sont les personnes d’origines européennes qui ont colonisés l’Afrique. J’étais révoltée pendant toute la durée du roman, c’est le moins qu’on puisse dire, et je n’arrêtais pas de me dire « Cours, cours, cours ! ».

Illustration de l'icône de la webcam Vecteur gratuit

Il y a évidemment un événement déclencheur, et plusieurs choses portent l’intrigue. Moses est dans ce quartier, sans autorisation. Il y a eu des vols, parce qu’il n’est pas le seul a être entré sans y avoir été invité, et Nozipho et Thembinkosi, contrairement au jeune homme, n’ont pas d’intentions honorables. Ce sont des voleurs sans scrupules, et eux découvrent qu’un meurtre a eu lieu. Enfin, un autre homme, blanc, pour le coup, cherche absolument a être embauché par la société de sécurité, et est profondément raciste. Mélangez tout cela et vous obtenez un cocktail explosif ! A travers les chapitres courts, ce roman de même pas 200 pages se lit avec frénésie, il fallait que je sache qui allait s’en sortir ! La fin ne m’a pas déçue, tout explose et je ne pouvais plus m’arrêter.

« Moses était toujours assis, le dos contre le muret. Il arrivait de nouveau à respirer, mais ses jambes ne lui obéissaient pas encore. Ce white trash rêvait de le buter. Il avait donc une arme pour faire ce genre de choses. Chaque rue qu’il traversait pouvait être la dernière, désormais. Le type pouvait être n’importe où et lui tirer dessus. Après il dirait : je me suis sentie menacé. C’était un cambrioleur et un violeur. S’il se faisait buter, qu’importe ce qu’écriraient les journaux.
Il ne voulait pas mourir. »

Cela dit, j’ai tout de même un ou deux points qui m’ont chiffonnés. J’aurai aimé avoir toutes les réponses aux questions que je me posais, notamment sur le meurtre. En tout et pour tout, l’intrigue se déroule sur 2h, et certaines choses restent inexpliquées. On a le point de vue de plusieurs personnes, le temps est court, et comme le roman n’est pas très épais, j’aurai du m’attendre à ne pas être totalement satisfaite. J’aime quand c’est un peu plus développé, quitte à avoir 1h de lecture en plus. Mais je comprends le choix de l’auteur de ne pas avoir répondu à toutes les questions, c’est un choix qui s’explique par la narration.

Illustration de l'icône de la webcam Vecteur gratuit

Dynamique, intelligent et dénonciateur, Enfer Blanc m’a captivé du début à la fin. J’aurai simplement voulu encore plus de profondeur, et quelques questions restent en suspens, ce qui m’a un peu frustré. Cela ne m’a pas empêché d’avoir dévoré ce roman, et je vais en garder un souvenir assez longtemps je pense. Enfer Blanc, en librairie dés aujourd’hui !

BelfondVous allez aimer ce roman si vous avez apprécié :

18 réflexions sur “Enfer Blanc de Max Annas

    • Oui mais le but n’est pas vraiment de répondre à toutes les questions, c’est assez réaliste, c’est le point de vue de plusieurs personnages et les personnes concernées sauraient jamais ce qui s’est passé ensuite donc le lecteur est traité un peu de la même façon 😊

  1. Pingback: Bilan #64 : Octobre 2019 | Sorbet-Kiwi

Et si vous nous donniez votre avis ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.