Une mer si froide de Linda Huber

Bonjour à tous !

J’aime beaucoup les romans de la collection Noir des éditions Charleston, et je les remercie pour cet envoi. C’est le premier qui ne me semble pas incroyable, mais que j’ai apprécié tout de même. Il reste néanmoins intéressant à lire et fait froid dans le dos.

« Qui est cette femme ? Pourquoi m’appelle-t-elle Hailey ? Je m’appelle Livvy, j’ai 3 ans…«  Un jour d’été, sur une plage des Cornouailles, Livvy, 3 ans, disparaît. Très vite la police conclut à une noyade. Pourtant, sa mère refuse de se résigner. Jour après jour, Maggie fixe l’océan, elle attend, convaincue que la mer n’a pas emporté son enfant. Non loin de là, c’est une autre mère qui regarde sa fille, prête pour la rentrée des classes. Mais, depuis quelque temps, Jennifer ne reconnaît plus sa petite Hailey. Sa fille est distante, craintive et Jennifer se laisse submerger par la nervosité. Alors que Maggie traverse la pire épreuve de sa vie, Jennifer veut redonner l’apparence du bonheur à sa famille fracassée.

Lorsque j’ai commencé ce roman, je n’avais pas lu le résumé. Je me suis complètement laissée porter par l’histoire, à la découverte du destin de la petite Olivia. Et il fait plus que froid dans le dos ! Rien que l’idée de départ : si on perd des yeux son enfant pendant 5 minutes, il peut disparaître. Sans laisser de traces. Se noyer, ou être kidnappé. C’est terrible, et pourtant si vrai ! J’ai beaucoup aimé la description de la culpabilité de la maman, Maggie, qui ne peut simplement pas se remettre de cette perte tragique dont elle se sent pleinement fautive. Que les autres l’accusent, c’est une chose atroce, mais ce n’est en rien comparable a ce qu’elle se fait subir elle-même. Cela m’a énormément touché. De manière général, la famille d’Olivia est décrite de façon réaliste, et j’ai eu énormément de peine pour eux.

Mais ce qui est vraiment intéressant, c’est que nous, lecteurs et lectrices, savons ce qui est arrivé à Olivia. Nous savons que Hailey est en fait Olivia, qui se voit forcée de prendre sa place. Et le cœur du roman est bien là. Jennifer est complètement folle, de chagrin, de deuil, de culpabilité également, puisqu’elle même a retrouvé son enfant noyée en Turquie. Et la façon dont elle va transformer une petite fille en son bébé est glaçant. J’ai été surprise que l’autrice prenne un point de vue externe, déjà. J’ai apprécié que tout le récit soit à la troisième personne du singulier et que le lecteur ne se voit immergé dans l’esprit de personne. Nous sommes spectateurs de l’horrible réalité de cette fausse famille. Enfin, un troisième élément se mélange aux deux mères : Katie, la maîtresse de Hailey/Livvie, qui voit bien que quelque chose cloche. Mais qui pourrait imaginer pareil scénario ?

« Elle avait parfois l’impression que le chagrin les rapprochait, parfois qu’il creusait un immense fossé entre eux. Elle ne savait jamais quand ce fossé allait apparaître, et cela arrivait toujours sans prévenir. « 

Dans l’ensemble, j’étais donc vraiment happée par le récit, et je voulais savoir comment allait finir l’histoire, coûte que coûte. Par contre, j’ai trouvé quelques défauts au roman. Déjà, je trouvais que l’écriture manquait terriblement de naturel. Ce n’était pas assez fluide, j’avais parfois l’impression d’être derrière une caméra de surveillance, c’est un peu désagréable. Il y a également des longueurs dans le texte. J’avoue qu’a certain moment j’étais immergée dans le drame, et d’un coup, tout était interrompu pour changer de perspective. On passait de l’histoire d’Olivia au chagrin de sa mère, ou à la romance de Katie. C’était décousu. Enfin, il y a beaucoup trop de thé. Et je me demandais bien ce que mettait Jennifer dans sa tasse pour être aussi calme après, parce qu’à ma connaissance, le Earl Grey ne permet pas de se détendre mais plutôt de se réveiller. Une pointe de Valium peut-être ? Allez savoir.

Mon avis sur ce roman est finalement assez mitigé. J’étais vraiment curieuse de l’intrigue, et complètement happée par le drame qui se déroulait sous mes yeux. Mais d’un autre côté, l’écriture manquait de naturel et semblait parfois trop décousue. Cela dit, je suis tout de même contente de l’avoir découvert, pour la perspective différente de ce que j’ai l’habitude de lire.

6 réflexions sur “Une mer si froide de Linda Huber

  1. Pingback: C’est lundi, que lisez-vous ? #96 | Sorbet-Kiwi

  2. Pingback: Bilan #52 : Octobre 2018 | Sorbet-Kiwi

Et si vous nous donniez votre avis ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.