L’âge d’or de Diane Mazloum

Bonjour à tous !

Chez JC Lattès, j’adore la diversité proposée en littérature. En découvrant que Diane Mazloum est libanaise, je me suis précipitée sur ce roman, dans l’espoir d’en apprendre plus sur ce pays que je ne connais pas du tout. Et quelle claque ! Merci à l’éditeur pour cet envoi incroyable.

Fin des années 1960. Rock et pattes d’éph, insouciance et soleil sur la peau satinée des femmes. Ce sont les derniers jours de l’âge d’or du Liban, mais personne ne le sait encore. Certainement pas Georgina, jeune chrétienne à la beauté troublante. Ni Roland, son premier amour, qui la guette au bord d’une piscine, dans cette torpeur suave où s’agite leur groupe d’amis noceurs, à l’ombre des conversations d’adultes et des turbines d’avion – grondement de la terreur à venir.
Pendant ce temps, Ali Hassan Salameh, fils d’un leader historique palestinien, s’apprête à prendre les armes. Il deviendra l’homme le plus beau et le plus dangereux du Moyen-Orient.
En traçant les destinées de Georgina, devenue Miss Univers, idole chérie d’un peuple enfantin, et d’Ali Hassan, chef de guerre musulman, recherché de tous et surtout du Mossad, Diane Mazloum signe une fresque vibrante qui nous emporte au coeur des années 70 et de la guerre civile libanaise. Georgina est l’histoire d’un amour, d’une famille, d’un pays, dans la fièvre d’une époque où l’on se déchire entre frères. La tragédie d’un peuple pour qui rien ne sera jamais plus comme avant.

En ouvrant ce roman, je ne savais rien des conflits du Proche-Orient, autre que ce que j’ai pu apprendre suite aux attentats du 11 septembre. Je n’avais jamais pris conscience de l’impact de la Seconde Guerre Mondiale et de ses conséquences sur cette zone du Monde. Ni de l’impact des états alliés de l’Ouest sur elle. Avant de continuer, je souhaite préciser que je ne prends partie pour aucun des deux camps mentionnés, que ce soit les israéliens ou les palestiniens. Ce n’est pas ma place, je n’y suis pas, ni dans les croyances, ni physiquement. Mais je comprends enfin l’enjeu du débat, qui est toujours tellement d’actualité, suite aux affirmations du président américain en décembre 2017. L’âge d’or situe son histoire au Liban, un tout petit pays que je n’étais même pas capable de situer sur une carte ! Coincé entre l’Israël et la Syrie, ce petit pays a été dévasté par par le conflit qui oppose israéliens et palestiniens, un dommage collatéral qui s’est mué en réelle guerre civile.

A travers divers personnages, et leurs tranches de vies, on assiste à l’Histoire du Liban à partir des années 60, L’âge d’or, et au développement du conflit entre Israël et la Palestine, avec ce petit pays pacifiste entre les deux. Puis à la guerre civile du Liban, qui dura près de 16 ans. Je me suis rendue compte à quel point je ne suis peu instruite sur les problématiques qui touchent cette zone du monde. Et en donnant la parole à ses personnages, Diane Mazloum rend cela encore plus réel. Georgina, Roland, Ali Hassan, Micky ou Sharif. Tous sont des humains, peu importe leur camp, leurs choix, ce qui les porte. C’est ce qui m’a le plus frappé : comment la politique nous déshumanise. Cela m’a révolté !

« Les Libanais en ce temps-là étaient fiers de leur pays. Ils en parlaient comme de la Suisse du Moyen-Orient, comme du coffre-fort du Levant, comme du Paris de l’Orient.
Leurs voisins le leur ont fait payer cher. »

J’ai vécu cette histoire. Au fond de mes tripes. J’ai eu besoin d’une semaine pour en arriver au bout, tant le récit me travaillait, me questionnait, m’instruisait. C’est un roman dont j’avais cruellement besoin pour en comprendre un peu plus sur le monde, et sur l’humain, sur la religion aussi, et sur la désinformation, à mon plus grand désarroi. Je n’étais nullement surprise de l’issue, qui était nécessaire pour créer un impact sur le lecteur, pour souligner une bien triste réalité : ce sont les habitants qui subissent lors de la guerre. Qu’elle soit mondiale ou civile, les conséquences touchent surtout ceux qui n’ont rien demandé.

Cette histoire incroyablement touchante et humaine conte les amours et les désespoirs des libanais. C’est l’histoire de ceux qui n’ont rien demandé d’autre que la paix. Quelle claque ! Quel roman nécessaire ! A lire absolument.

Éditions Jean-Claude Lattès — Wikipédia

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5 réflexions sur “L’âge d’or de Diane Mazloum

  1. Ce n’est pas un roman sur lequel je me serais penché au premier abord mais ta chronique donne envie. Je trouve toujours intéressant de de découvrir des pans de l’histoire au travers de la littérature. Comme toi, je ne connais pas très bien le conflit et je m’en note ce roman pour approfondir ce manque. Merci Steph.

  2. Pingback: Bilan #51 : Septembre 2018 | Sorbet-Kiwi

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