Des femmes qui dansent sous les bombes de Céline Lapertot

Bonjour à tous !

Il y a deux ans, mon amie Aurore m’a offert ce roman pour mon anniversaire. Je ne connaissais ni l’autrice, ni les éditions Viviane Hamy, mais aujourd’hui, je suis très heureuse d’avoir pu la découvrir ! Un grand merci à toi Aurore.

Dans ce pays d’Afrique, la guerre civile fait rage et nul destin n’est tracé. Celui de Séraphine s’annonce heureux – elle épousera bientôt l’homme qu’elle aime –, mais il bascule lorsque des miliciens saccagent son village. Elle perd alors toute sa famille, et son innocence. Sauvée in extremis grâce à l’intervention d’une faction de l’armée régulière conduite par l’exceptionnelle Blandine, elle se joindra à sa troupe de « Lionnes impavides », qui luttent dans l’espoir fou d’un retour à la paix.

Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre en débutant ma lecture, sauf que l’histoire se passe en Afrique. Ainsi, cette découverte me permet de valider la consigne du mois du challenge des 12 thèmes. Peut-être que sans ce défi, je ne me serai toujours pas tournée vers cette lecture, ce qui aurait été bien dommage ! En effet, j’ai ainsi pu rencontrer Séraphine, une jeune femme de 20 ans qui a tout perdu, mais est prête à se reconstruire. J’ai aussi pu être touchée par Mélusine, une jeune femme qui a tout abandonné, à regrets. Ou Blandine, qui laisse sa mère et sa fille derrière elle pour devenir une grande guerrière, prête à sauver le Congo. Cette force, Céline Lapertot la transmet avec une conviction qui m’a coupé le souffle. Je ne pouvais plus m’arrêter de lire, j’étais entière fasciné par ce que je lisais.

Ce roman m’a aussi forcé à me remettre en question. Au départ, l’histoire semble comme une interview, mais sans interlocuteur. Comme si elles parlaient à une caméra, pour un documentaire, qui sera visionné par des européens ensuite. Bien au chaud dans nos lits, sur nos canapés, que ce soit devant un écran ou derrière un roman, il est impossible pour nous de mesurer ce qui se passe « là-bas ». Je suis pourtant persuadée qu’il est nécessaire pour nous d’être au courant, simplement parce que cela peut nous éviter de juger, si certaines personnes fuient leur pays jusqu’à chez nous. Ou de juger leurs actes, sur place. Qu’en savons-nous, de ce que c’est, de vivre dans un pays en guerre civile, avec une milice toujours prête à attaquer ? De préparer à manger, et d’un coup d’être jetées à terre, de voir nos enfants, nos maris se faire assassiner, d’être violées sous les yeux de nos filles, égorgées et laissées là, nues, humiliées, et mortes ? Ce roman m’a poussé à retrouver de l’humilité, c’était très intense.

« Chaque soir, nous imaginons ce qu’est un monde de paix, nous qui sommes nées au plus fort de la guerre. C’est un mot du dictionnaire que vous pratiquez mieux que nous.
La paix.
Vous venez d’un monde en paix et vous tentez de comprendre ce que contient le cœur des femmes qui ne vivent que pour la guerre.
Mon Sumpun, il n’y aura jamais personne pour me le rendre. « 

Du coup, de manière générale, j’étais entièrement plongée dans ma lecture. Cela dit, le manque de points d’interrogations m’a perturbé. Mais quelque part, je comprends ce choix. Cela démontre à quel point ces jeunes femmes, et hommes, ne peuvent pas se permettre de douter trop longuement, de se poser trop de questions. La vie est trop courte, et trop dangereuse pour risquer cela. Il n’empêche que cela m’a quelque fois sorti de l’intensité de mon expérience de lectrice. Ce n’est qu’un détail, mais il était important pour moi de le souligner, puisque c’est à cause de cela que je suis passée à côté du coup de cœur.

Ce roman est une vraie claque. Même une semaine après, à chercher les mots justes pour en parler, je ne m’en suis pas vraiment remise. C’est une lecture courte mais intense, qui nous ouvre les yeux, nous force à nous remettre en question, et à revoir notre position d’être humain chanceux sur cette Terre. A découvrir !

4 réflexions sur “Des femmes qui dansent sous les bombes de Céline Lapertot

  1. Pingback: IMM #97 : 26 Septembre au 2 Octobre 2016 | Sorbet-Kiwi

  2. Pingback: Bilan #50 : Août 2018 | Sorbet-Kiwi

  3. Pingback: Challenge des 12 thèmes | Sorbet-Kiwi

  4. Pingback: Otages de Nina Bouraoui | Sorbet-Kiwi

Et si vous nous donniez votre avis ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.