Fille de bohème de Vania Prates

Bonjour à tous !

J’ai eu la chance de pouvoir découvrir ce roman grâce aux éditions Charleston, que je remercie pour cet envoi. Et mine de rien, ce roman a été un petit électrochoc pour moi. Je vous explique tout de suite pourquoi, après le résumé.

Mélissandre a tout ce qu’elle désire dans la vie : un bon travail, le fiancé parfait, l’appartement de ses rêves. Son avenir est, selon elle, d’ores et déjà tracé. Mais un soir, lors de l’enterrement de vie de jeune fille de sa meilleure amie, une étrange femme va la mettre au défi de tenter l’expérience de l’hypnose et sa vie va s’en trouver complètement chamboulée. Revivant, en songe, la vie aussi dangereuse qu’exaltante d’Éveline, bohémienne de la cour des Miracles, Mélissandre commence à perdre pied. Qui est cette fille qui lui fait revivre des souvenirs d’une vie lointaine, vécue à une autre époque ? Pourquoi cela semble-t-il avoir un tel impact sur elle ? Et pourquoi le beau Ric, qu’elle rencontre à Montmartre, ressemble-t-il tant au mystérieux Cam de ses rêves ?

Je suis dans une période un peu difficile de ma vie, où je tends à tout remettre en question. Ce roman ne pouvait simplement pas mieux tomber. Dans la première partie du récit, Mélissandre à « tout pour être heureuse » aux yeux de notre société actuelle. Elle a de l’argent, un appartement luxueux, un fiancé qui s’entretient avec un mode de vie très sain, et une meilleure amie parfaite. Mais très rapidement, on se rend compte qu’elle vit la vie qu’on lui « impose », que le regard du monde lui impose. Une vie sans émotions, sans palpitations, une belle vie matériellement parlant, oui, mais sans cœur. Et dés les premières pages, une question existentielle est posée : quelle est la différence entre un objectif de vie et un désir de vie ? Et c’est ce point précis qui m’a complètement chamboulé. Effectivement, l’ascension professionnelle, le bon salaire, est-ce un objectif ou un désir profond ? J’ai été vraiment interpellée par cette problématique, puisque je suis moi-même à un carrefours de ma vie où je me questionne à ce niveau là.

Je dois dire que du coup, au début, j’avais du mal avec Mélissandre, ce qui est certainement fait exprès. Elle ne veut pas changer de vie, elle ne veut pas se rendre compte qu’elle-même considère tout cela comme futile. Mais elle a une peur bleue de décevoir son entourage, ce que je peux concevoir à 100%. Cela dit, au bout d’un moment, c’est un peu agaçant cette façon de fermer les yeux, de simplement refuser la possibilité même que l’on ne peut pas être heureuse différemment. Et c’est là qu’intervient Eveline. Elle est l’exact opposé de la jeune femme au début du livre, mais elle aussi se restreint et s’empêche d’assouvir un désir profond, par peur d’être rejetée par sa famille. C’est fou tout de même comme les gens qui sont sensés nous soutenir et nous aimer comme nous sommes, même dans nos différentes étapes de la vie, peuvent être un frein à notre bonheur. C’est un autre aspect, qui dure tout au long de l’histoire, également à travers Mme de La Chappelle, qui m’a beaucoup touché. Avoir des ambitions pour ses enfants, pour sa famille, est-ce vraiment positif pour eux ? N’est-ce pas les enfermer dans une cage en or ? C’est une question importante à se poser.

« – Tu croire pouvoir tout avoir avec volonté et ruse. Temps et patience n’existent plus pour vous, jeunes d’aujourd’hui. Mais tout ce qui est construit trop vite s’écroule plus vite encore. »

En tous cas, cela fait un deuxième roman ce mois-ci qui me parle de réincarnation, sans même que je le sache en le commençant. Cela doit être un signe ! Le côté très mystique de l’histoire m’a intrigué, j’ai apprécié cette ambiance que j’attribue presque d’office à Montmartre, là où se passe le plus important de l’histoire. J’ai beaucoup aimé également la thématiquee du clivage social qui perdure à Paris depuis des siècles. Il n’y a plus de cours royale, mais il reste une élite hautaine et vaniteuse tout de même. Ce parallèle démontre que le bonheur reste finalement chez les gens qui savent se contenter de peu. Marianne a tout ce dont elle rêve, mais le plus important pour elle est inaccessible, alors qu’elle a tellement d’argent et de moyens. Mais finalement, c’est le jugement qui nous retient. C’est à méditer je trouve.

Fille de bohème est arrivé pile au bon moment pour moi, pour me guider dans des choix de vie importants, et rien que pour cela, il aura une place particulière dans mon cœur. J’ai vraiment beaucoup aimé les questions qu’il pose ainsi que le côté très mystique de la vie des ces deux jeunes femmes. Je recommande !

Une réflexion sur “Fille de bohème de Vania Prates

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