La malicieuse revanche d’un souffre-douleur de Serge Farnel

Bonjour à tous !

Lors de la dernière masse critique pour la rentrée littéraire, les éditions Mazarine et Babelio ont eu la gentillesse de m’envoyer ce roman dont j’attendais beaucoup. Il se trouve que je ne m’attendais pas au bon genre, et j’en ressors donc un petit peu déçue.

Souvenez-vous ! La rentrée des classes est un choc : on découvre la peur au ventre de nouveaux professeurs qui exercent (plus ou moins) leur autorité, on essaie avec maladresse de se faire de nouveaux copains et, souvent pour la première fois, on a le cœur qui bat la chamade. Au collège, dans la cour de récréation, entre brimades, racisme et harcèlement, c’est aussi la guerre des boutons. Les clans s’affrontent, et tous les coups sont permis. Arthur, douze ans, cherche à trouver sa place tout en évitant de trop se faire remarquer. Aucune envie d’être pris comme souffre-douleur. Car il en faut toujours un : dans sa classe, c’est Thierry. Mais pour séduire Giovanna qu’il n’ose aborder, Arthur n’a d’autres choix que de se faire remarquer. Périlleuse équation ! Alors, quand le proviseur décide de lancer La Gazette du collège, tous les espoirs sont permis. Thierry a choisi son camp : pour échapper à la cruauté des autres, rien de tel que de l’exercer. Et si les têtes de Turc formaient leur propre bande ? Cette histoire est celle d’un enfant sensible qui cherche juste à grandir et se prend, comme nous à l’époque, de plein fouet le monde des adultes.

En fait, le résumé m’a donné envie de lire ce roman d’une autre façon. Il se trouve que la bande des têtes de turc est une idée qui n’émerge qu’à la fin de l’histoire, alors que j’aurai tellement aimé qu’elle en soit le commencement. De plus, j’ai mal saisi l’enjeu. Je croyais, sans aucune logique d’ailleurs, que l’histoire serait celle de Thierry et non celle d’Arthur. Bref, je m’y suis mal prise. Une fois que j’étais bien rentrée dans l’histoire (et que tout était a sa place dans mon cerveau…), je me suis laissée séduire par l’histoire d’Arthur, qui ne sait pas trop comment faire pour se faire accepter. J’avais l’impression de découvrir l’histoire d’un petit-frère, ou plutôt, qu’un de mes oncles me raconterait sa première année de collège. Et il faut que j’explique plus amplement cette phrase, qui a du bon, mais aussi du moins bon.

Effectivement, j’ai apprécié l’histoire dans son ensemble, surtout au niveau du développement. Arthur nous parle directement, on découvre ses pensées, des choses qu’il ne peut dire à voix haute, et notamment des réflexions assez honteuses. Je crois qu’on sait tous plus ou moins ce que c’est d’être à sa place, peu importe notre genre. A un moment donné, tout un chacun se retrouve a la croisée des chemins, et on se retrouve un peu avec nostalgie dans les bons moments du collège. Je reviendrai sur ce point. Cela dit, je trouvais l’histoire… vieillotte ? Il n’y a pas de temporalité, l’auteur ne situe pas son texte chronologiquement, mais le temps où l’on appelait son prof d’EPS un « prof de gym » est bien révolu. Et les réflexions d’Arthur et de ses amis ne sont pas réalistes. Ils émettent des réflexions d’adultes avec des mots d’enfants, et je n’ai pas trouvé cela naturel du tout, malheureusement. Du coup, du haut de mes 25 ans avec un petit frère encore au collège, j’ai trouvé cela dépassé. Peut-on être trop jeune pour lire un texte ? Je ne sais pas, mais je n’étais pas en phase avec l’écriture, finalement, et c’est dommage (pour moi!).

Je reviens simplement sur cette nostalgie dont je parlais plus haut. Effectivement, Arthur est, au départ, du bon coté de la barrière. Le coté où on ne se fait pas emmerder. Du coup, en tant que lectrice, j’ai été plongée dans les bons moments de ces 4 longues années. Par contre, j’ai énormément apprécié tante Yolaine qui met le doigt sur quelque chose d’essentiel : le malaise que l’on ressent lorsqu’on observe ce harcèlement, et surtout, le silence derrière la douleur. Je m’attendais tout de même à ce que l’histoire reste dans ce ton là, mais bizarrement, la fin m’a refroidie. Et c’est à cause d’elle que ma lecture est passée de bonne à moyenne : J’ai eu l’impression qu’une fois l’année scolaire passée, le gamin de 12 ans doit être capable de prendre du recul et d’en rire. Comme s’il devait passer par ces mauvais moments pour grandir et devenir ce qu’il est. Alors, oui, je fais partie de la société bien-pensante, mais pour avoir été victime de harcèlement, je peux vous dire que j’aurai préféré m’en passer, et rien ne prouve que ce qui m’est arrivé, à moi ou a tous ceux qui ont du passer par là, que cela les « a forger ». Rien ne prouve que nous ne serions pas devenues des personnes biens. J’ai été un peu piquée au vif, après, cela reste subjectif, chacun interprète une fin comme cela le touche, je suppose. Je voudrais bien votre avis sur le sujet justement.

Malgré une introduction que j’ai trouvé longue et une fin moyenne à mes yeux, j’ai pourtant apprécié la compagnie d’Arthur quelques heures. Plus encore celle de sa tante Yolaine, qui me parlait, et qui soulève des questions intéressantes. Dommage que j’ai trouvé que l’ensemble manquait de modernité, je n’ai pas trop su m’y retrouver. Je relirai pourtant l’auteur avec plaisir, mais simplement dans un autre exercice.

Livres contre critiques

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7 réflexions sur “La malicieuse revanche d’un souffre-douleur de Serge Farnel

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