Le parlement des cigognes de Valère Staraselski

Bonjour à tous !

La rentrée littéraire bat son plein, de nombreux romans paraissent, et il est difficile de faire un choix. Si j’ai décidé de lire celui-ci, c’est surtout pour son titre, parce qu’en tant qu’alsacienne, j’ai une affection particulière pour les cigognes. Le hasard fait bien les choses, j’ai eu un coup de cœur pour cette histoire qui m’a déchiré l’âme. Un grand merci a Mélusine qui m’a offert ce roman.

Cracovie, au cœur de l’Europe : durant la visite d’une galerie de peintures, de jeunes français rencontrent un vieillard insolite portant nœud papillon en laine et canne à pommeau. Il se tient immobile devant un tableau représentant des cigognes. Qui est cet homme si irradiant d’énergie ? Au travers d’un récit bouleversant, le vieil homme témoigne de son expérience dans un pays jadis asservi par les nazis. Il livre cette part de vérité sans laquelle il n’est pas de liberté possible. Cette vérité irréparable qu l’on porte en soi pour toujours. Une poignante leçon d’histoire.

D’habitude, lorsque j’ai un coup de cœur pour un récit, cela passe souvent par mon amour pour l’un ou l’autre personnage. Mais pour une fois, je fais face à l’exception qui confirme la règle. Nous rejoignons un groupe de jeunes gens, dans la vingtaine, qui font une excursion à Cracovie dans le cadre de leur travail. Ils vont partir à la découverte de la ville, découvrir les bars à lait, par exemple, faire plus ample connaissance, tomber amoureux. La cohésion de groupe est centrale à l’histoire, mais un personnage sort particulièrement du lot : David. Il s’est renseigné sur la ville, sur son histoire, par le biais d’un oncle. Ce n’est pas dit clairement, mais il me semble que David est juif. Et c’est là que l’histoire débute, Le vieil homme dont parle le résumé raconte son histoire un peu plus tard, c’est d’abord David qi parle de l’histoire a ses nouveaux amis.

C’est lors d’un jogging matinal qu’il va emmener le groupe à travers l’ancien quartier juif, jusqu’aux portes de l’ancien camp de concentration Plaszow. Une vraie leçon d’histoire pour moi, bien que je me sois déjà énormément intéressée à la seconde guerre mondiale, et plus particulièrement à la Pologne. Je connaissais les Pogroms, l’histoire des camps, la haine des locaux chrétiens, même l’histoire du ghetto. C’est une thématique qui me touche particulièrement, mes arrières-grands-parents paternels ayant fuis la Pologne pour venir se réfugier en Alsace (les pauvres naïfs…). Mon nom de famille est d’ailleurs polonais. Mais je ne connaissais pourtant pas l’histoire aussi précise de Krakau, alors que le roman ne fait que 128p. ! David prend exemple sur La liste de Schindler a de nombreuses reprises, surtout pour parler de Amon Göth, et je n’avais jamais vu le film par angoisse, mais il m’a donné envie de le découvrir. Bref, en visitant la ville, le groupe se rend dans un musée, et rencontre enfin le vieillard, qui va leur raconter son histoire.

Et là, c’est le déluge. J’ai commencé par être secouée de frissons, puis les larmes se sont formées. Plusieurs fois j’ai du fermer le roman avant de continuer. Oh, ce ne sont pas des émotions positives, loin de là. Pour moi, ce roman est très dur, très violent. Mon estomac se soulevait, la terreur me submergeait et pourtant je l’ai lu d’une traite, avec de très courtes pauses simplement pour me remettre, à court terme, de toutes ces émotions. C’est touchant et terrible, surtout lorsqu’on sait que ces faits sont réels, que l’auteur s’est inspiré de vraies personnes dont les histoires sont citées à la fin. Et pourtant, malgré toute cette horreur, un message d’amour, de compassion, d’écoute des récits anciens aussi, d’amitié est transmis. Et l’espoir, toujours l’espoir. Et si vous voulez savoir comment les cigognes peuvent sauver la vie de quelqu’un, lisez cette histoire, j’ai trouvé cette courte partie du récit assez surprenante.

Je ne peux que remercier Mélusine de m’avoir redirigé cette lecture coup de cœur, qui est terriblement sombre et douloureuse, qui remue l’histoire, encore une fois, mais avec justesse et qui met a l’honneur l’amitié et le fait que la vie continue… toujours.

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15 réflexions sur “Le parlement des cigognes de Valère Staraselski

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  5. Un livre extrêmement émouvant sur la Pologne, sur l’Holocauste, et sur la nécessaire transmission auprès des jeunes générations.

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