Le vieux qui lisait des romans d’amour de Luis Sepúlveda

Bonjour à tous !

Encore une fois, un grand merci à mon amie Mélusine du blog Carnet Parisien, qui m’a offert ce petit roman très sympathique. Je l’ai lu d’une traite et je l’ai vraiment apprécié.

Lorsque les habitants d’El Idilio découvrent dans une pirogue le cadavre d’un homme blond assassiné, ils n’hésitent pas à accuser les Indiens de meurtre. Seul Antonio José Bolivar déchiffre dans l’étrange blessure la marque d’un félin. Il a longuement vécu avec les Shuars, connaît, respecte la forêt amazonienne et a une passion pour les romans d’amour. En se lançant à la poursuite du fauve, Antonio José Bolivar nous entraîne dans un conte magique, un hymne aux hommes d’Amazonie dont la survie même est aujourd’hui menacée.

Antonio José Bolivar est un vieil homme hors du commun. Il nous approche avec sa machette, et sans que l’on prenne peur, nous embarque dans sa vie. Il vie dans la forêt amazonienne, et semble vivre une existence bien pauvre, en apparence. Il n’a pas grand chose, pour ne pas dire rien, mais il a des livres. Ce sont eux, ses romans d’amour, qu’il dévore, qui enrichissent sa vie. Et il nous apprend que tout le monde peut s’intéresser à la lecture, que ce n’est en rien une activité élitiste pour peu que l’on sache lire, et je trouve que c’est vraiment une très belle moralité, et que c’est encourageant. En conséquence, ce roman nous parle de nombreux thèmes liés à la lecture, comme l’imagination et le voyage ! Antonio José Bolivar vit dans une petit village de la jungle, qu’il n’a jamais vraiment dépassé, et pourtant il s’imagine Paris, Rome, Venise, Barcelone… Nos belles villes européennes prennent forme dans son imagination, tout comme il cherche du sens a des mots jusque là inconnus. J’ai vraiment adoré cet aspect là de ce roman.

Ce que j’ai également trouvé très intéressant, c’est l’interprétation qu’il fait de ce qu’il lit. Il dévore des romans d’amour européens, et c’est très drôle de voir comment il interprète certain types de mots. Pour lui un « Baiser ardent » est quelque chose de négatif, puisque « ardent » devrait faire mal, étant donné que cela brûle et que la seule fois qu’il a observé un homme donné un baiser fougueux à une femme, il s’est pris une bonne gifle. Cet impact de notre quotidien et de notre culture, surtout, sur nos lectures m’a beaucoup marqué.

C’est aussi un vrai témoignage d’une vie qui me semble totalement inconcevable. Luis Sepulveda nous parle des Shuars, avec qui il a réellement vécu pendant 8 mois, observant leurs coutumes, vivant cette vie sauvage où il s’est retrouvé. C’est un apprentissage incroyable. J’avais l’impression que cette lutte entre l’envie d’être civilisée pour être accepté dans un monde sans pitié, et l’envie de communier avec la nature, étaient symbolisés par le combat d’Antonio José Bolivar avec le jaguar. Et quel combat ! Je m’y suis sentie. Et j’ai beaucoup apprécié le clin d’œil au dentiste à la fin.

En plus d’être une ode à la littérature, Le vieux qui lisait des romans d’amour nous embarque dans un voyage autant initiatique que réel. J’ai beaucoup apprécié en apprendre plus sur une culture que je ne connaissais pas. Une très belle histoire, toute petite puisque le roman ne fait que 139p. que je recommande.

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24 réflexions sur “Le vieux qui lisait des romans d’amour de Luis Sepúlveda

  1. Forcée de le lire à l’école (il y a longtemps) je l’ai pourtant adoré, il m’a bouleversée et révoltée. C’est un merveilleux roman malgré un titre qui pourrait inciter à prendre ses jambes à son cou 😉

    • Je préfère un vieux qui lit des romans d’amour à un vieux qui fête son anniversaire en pyjama (et que je n’ai toujours pas lu 😂) c’est une très belle Lecture mais j’espère que le plus grand nombre aura su l’apprécier en tant que Lecture scolaire.

  2. C’est le premier livre que j’ai lu en espagnol et, malgré la difficulté (surtout sur les scènes où il imagine), ça a été un énorme coup de cœur aussi. Tu en fais une très jolie critique qui me donne envie d’aller le retrouver, parce que c’est vrai que ça fait voyager !

      • J’étais bon, mais pas excellent quand je l’ai lu. Je pense que pour apprendre vraiment une langue, une fois que tu as les bases, y a rien de mieux que la littérature qui donne aussi un bon aperçu de la culture. Et puis comme tu dis en conclusion, il n’est pas très épais, donc ça aide !
        Bon alors malheureusement, tout ça, c’était y a cinq ans et aujourd’hui, je ne pratique tellement plus l’espagnol que j’ai énormément perdu de mon niveau 😅

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