L’enfant qui mesurait le monde de Metin Arditi

Bonjour à tous !

Grâce à la masse critique Babelio et aux éditions Points, j’ai eu la chance de pouvoir découvrir ce joli petit roman tout doux. Un grand merci à eux pour cette belle découverte.

À Kalamaki, île grecque dévastée par la crise, trois personnages vivent l’un près de l’autre, chacun perdu au fond de sa solitude. Le petit Yannis, muré dans son silence, mesure mille choses, compare les chiffres à ceux de la veille et calcule l’ordre du monde. Maraki, sa mère, se lève aux aurores et gagne sa vie en pêchant à la palangre. Eliot, architecte retraité qui a perdu sa fille, poursuit l’étude qu’elle avait entreprise, parcourt la Grèce à la recherche du Nombre d’Or, raconte à Yannis les grands mythes de l’Antiquité, la vie des dieux, leurs passions et leurs forfaits… Un projet d’hôtel va mettre la population en émoi. Ne vaudrait-il pas mieux construire une école, sorte de phalanstère qui réunirait de brillants sujets et les préparerait à diriger le monde ? Lequel des deux projets l’emportera ? Alors que l’île s’interroge sur le choix à faire, d’autres rapports se dessinent entre ces trois personnages, grâce à l’amitié bouleversante qui s’installe entre l’enfant autiste et l’homme vieillissant.

Ce roman fait partie de la sélection 2017 du Prix du meilleur roman des lecteurs Points, et je peux bien comprendre pourquoi. J’y ai trouvé de très belles thématiques, comme par exemple la Grèce et sa situation politique ainsi que ses relations compliquées avec l’Union Européenne. Je ne m’attendais pas à ce genre de problématiques, mais je l’ai trouvé intéressante bien qu’elle soit en fond. En tant que française qui suit surtout les informations allemandes, je n’ai qu’un point de vue partial de la crise grecque. C’était très intéressant d’élargir cette vision en partant d’une petite île de cet immense territoire. En effet, je pensais que même les plus petites d’entre elles profitaient du tourisme, mais il semblerait que non. Dans tous les cas, c’est un débat profond et compliqué, et bien que Metin Arditi l’aborde en surface, j’ai trouvé cela vraiment intéressant.

L’autisme est le sujet central de l’histoire. Yannis est un enfant qui est adorable, mais ses troubles autistiques mènent la vie dure à sa mère. Ce que j’ai trouvé vraiment chouette ici, c’est que tous les points de vue sont abordés ainsi que toutes les situations auxquelles l’enfant doit faire face. Avant tout, ses parents. La mère de Yannis est dévouée à son enfant, elle l’aime profondément mais souffre également beaucoup. Elle passe sa vie à s’inquiéter: que se passera-t-il quand elle ne sera plus là pour s’occuper de son fils ? Elle est aussi en pleine remise en question de sa vie de femme. Comment séduire un homme alors qu’on ne se considère que comme mère, que comme comme celle qui apporte de quoi manger, pêcheuse qui sent le poisson à chaque retour de mer ? Il y a également le père, maire de l’île qui quitte Maraki, sa femme, parce qu’il n’arrive pas à supporter les crises de son fils. Les autres habitants de Kalamaki sont également très proches du garçon, ils s’accommodent de ses besoins de toujours calculer ce qui l’entoure. Enfin, il y a Eliot, qui est un modèle en terme d’affection, autant pour Yannis que pour sa mère, et son personnage m’a énormément touché.

Eliot est au centre de toutes les thématiques, avec Yannis étant donné qu’ils sont proches. La philosophie est très importante pour cet architecte qui porte le deuil de sa fille, décédée dans l’amphithéâtre en ruine de la ville. On retrouve de nombreuses citations et interprétations philosophiques par son biais et celui du prêtre. J’ai trouvé cela très poétique et respectueux de l’histoire et du patrimoine grecque. Si je suis passée à coté du coup de cœur, c’est parce que j’aurai aimé me sentir encore plus impliquée émotionnellement. Cela n’est pas arrivé à cause de la palette trop étendue de personnages, trop nombreux à mon goût. Certains, comme par exemple la journaliste ou le Premier Ministre, étaient soit trop, soit pas assez développés. Cet entre-deux m’a quelque peu dérangé.

Je suis très heureuse d’avoir pu découvrir ce roman doux et beau à la fois, et qui m’a également permis d’élargir mon point de vue sur la crise économique grecque. Je le conseille à tous, même si l’émotion aurait pu être plus forte, mais plus particulièrement aux personnes qui s’intéressent aux troubles autistiques.

Livres contre critiques

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16 réflexions sur “L’enfant qui mesurait le monde de Metin Arditi

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