Les vies de papier de Rabih Alameddine

Bonjour à tous !

La consigne de mai du challenge 1 mois / 1 consigne était de lire un roman qui avait gagné un prix en 2016. Je me suis donc acheté celui-ci, puisque je n’en avais aucun qui y correspondait. Il a remporté le prix Femina Etranger, ce que je comprends vu la qualité de l’écrit, bien qu’il soit parfois un peu lourd.

Aaliya Saleh, « dame âgée » de Beyrouth, est une anomalie. Divorcée, sans enfant, non croyante, elle s’est toujours rebellée contre les diktats de la société. Sa passion dans la vie, sa raison de vivre même, est la littérature. À tel point que, chaque année, elle traduit un de ses romans préférés en arabe avant de le ranger dans un tiroir. Les quelque trente-sept livres traduits par Aaliya au cours de sa vie n’ont donc jamais été lus par qui que ce soit. Ce portrait d’une femme solitaire en pleine crise existentielle oscille sans cesse entre passé et présent dans un Beyrouth en constante mutation. Tandis qu’elle essaye de maîtriser son corps vieillissant et la spontanéité de ses émotions, Aaliya doit faire face à une catastrophe inimaginable qui menace de faire voler sa vie en éclats.

Ce roman est à la fois magnifique et déconcertant. J’y ai rencontré une amoureuse de la littérature, un personnage terriblement attachant, une femme qui dresse un portrait incroyable de son pays. Aaliya est une septuagénaire libanaise aux cheveux bleus, cela annonce déjà le ton. Elle a un esprit critique aigu, une culture générale sans limite, et son âge lui permet de décrire avec acuité l’évolution de Beyrouth, des années 40 à aujourd’hui. Son amour pour la littérature m’a conquis. Ce roman est un recueil de citations des plus grands auteurs, un livre d’art qui s’inspire des paroles des géants classiques pour décrire les émotions du personnages, j’ai trouvé cela magnifique. J’ai aussi entièrement adhéré à la description historique de la ville, que je ne connaissais pas du tout, et en apprendre plus sur l’évolution  de ce pays du Moyen Orient est certainement ce qui m’a le plus tenu en haleine.

L’auteur, qui a une faculté impressionnante à se mettre dans la peau d’une femme d’âge mûr, aborde à travers son roman de nombreux thèmes. Au delà de la littérature, omniprésente dans l’ouvrage, il y a la vieillesse, les difficultés liées à cela, comme la solitude, le fait de perdre ses proches, de les voir disparaître, surtout dans un pays régulièrement en conflits. Le fait d’être une femme dans une société encore bien ancrée dans un modèle patriarcale, et le fait de ne pas s’y conformé. De décider, en tant que femme musulmane, de ne pas porter le voile comme il faudrait, de ne pas adhérer aux diktats de manière plus générale. Et puis, il aborde aussi de nombreux autres sujets, plus en toile de fond, ce qui rend le roman très complet.

Peut-être même un peu trop. Aaliya part régulièrement dans ses souvenirs, mais si longtemps que j’en perdais le fil de l’histoire. Il suffisait de reposer le roman pour quelques heures, et je ne savais plus du tout où elle voulait en venir. Du coup, je l’ai trouvé assez décousu, et sa construction m’a perturbé. En effet, il n’y a pas de chapitres, le découpage est inexistant finalement. Et même une fois fermé, je ne saurai vraiment vous dire où voulait en venir l’histoire. Surtout que j’ai trouvé la fin assez abrupte, sans aucune conclusion, comme s’il n’y avait aucun fil conducteur. Cela fait que je suis tout de même un peu perturbée.

En refermant ce roman, j’ai l’impression d’avoir été devant une oeuvre d’art magnifique, mais sans avoir tout compris. Comme si le fond m’échappait mais que j’avais conscience de sa beauté. Le construction m’a perturbé, et je n’ai donc pas tout saisi au niveau de l’histoire, tant je me suis perdue. Et pourtant, j’ai adoré la forme, absolument fabuleuse. C’est donc, finalement, très paradoxal. A vous de décider si vous vous sentez l’âme de tenter cette oeuvre de littérature haut de gamme.

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6 réflexions sur “Les vies de papier de Rabih Alameddine

  1. Pingback: Challenge : 1 mois/1 consigne 2017 | Sorbet-Kiwi

    • Non je comprends. Bizarrement j’ai du me mettre un coup de pieds aux fesses pour le lire aussi. S’il n’était pas entré dans un challenge mensuel, j’aurai eu encore plus de mal. Mais finalement Il est bien ! Quoi qu’un peu lourd par moments.

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