La cueilleuse de thé de Jeanne-Marie Sauvage-Avit

Bonjour à tous !

Au mois de janvier, j’ai eu la chance de pouvoir découvrir en avant-première, en tant que Lectrice Charleston, ce roman, lauréat du Prix du Livre Romantique. Et quelle lecture intéressante ! Encore un roman Charleston profond, bien qu’il ne soit pas très épais.

À 20 ans, Shemlaheila travaille dans une plantation de thé au Sri Lanka, sous la direction de l’horrible contremaître Datu Guemi. Suite au décès de sa mère, la protégée du responsable de la plantation, la jeune femme décide de s’enfuir. Son projet ? Aller en Grande-Bretagne d’abord, pour apprendre à parler anglais et pouvoir revenir ensuite à la plantation comme vendeuse. Mais le chemin est rude pour parvenir à ses rêves… Du Sri Lanka à Londres, à la découverte d’un pays complètement différent du sien, Shemla va découvrir une autre culture, d’autres personnes, et surtout d’autres envies. La cueilleuse de thé qu’elle a toujours été choisira-t-elle de revenir au pays, ou de se créer une nouvelle vie?

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La cueilleuse de thé, c’est Shemlaheila, une jeune femme de 20 ans qui travaille dans une plantation de thé. Son travail consiste à remplir un panier de thé au maximum. Sa vie se résume à la crainte du kangani, le superviseur de la plantation. Un homme cruel, perfide, aux fantasmes pervers. Lui, c’est Datu-Guemi. Mais Shemla ne compte pas se laisser faire, et au décès de sa mère, elle s’enfuit en Angleterre. Ainsi se met en place un double-récit. D’une part, nous allons suivre Shemla en Angleterre. Elle va découvrir notre culture européenne, et nous redécouvrons notre propre quotidien à travers ses yeux. De l’autre coté, Datu-Guémi et sa pauvre femme Pokonaruya, qui vont nous apprendre les conditions de vie, de travail, mais surtout la condition des femmes au Sri Lanka, avec les mariages arrangés dans les castes. Ce point de vue nous permet également de faire une comparaison entre nos cultures.

Et je me suis prise une grosse claque. En tant que buveuse de thé, je ne me suis jamais demandée comment il était fait, très honnêtement. Je partais du principe, que, comme chez nous, les machines s’occupaient du travail le plus ingrat. Encore, que des femmes aillent le cueillir, c’est une chose, c’est un travail que connaissent de nombreuses personnes à travers le monde. Mais quelles conditions épouvantables ! Sous l’œil mauvais, contrôleur, d’hommes, ce qu’elles subissent m’a tout simplement hérissé le poil. Je dois vraiment remercier l’auteure de m’avoir ouvert les yeux à ce sujet. Je ne passerai pas exclusivement à la tisane pour autant, mais cela incite certainement à bien vérifier l’origine de son thé et en choisir un sous un label éthique.

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Une fois que Shemla arrive en Angleterre, on se rend compte dans quel luxe nous vivons. Le sujet de l’immigration est un sujet difficile, mais il est très bien amené ici. Elle a de la chance que de nombreux immigrés n’ont pas. Ce qu’elle va vivre sera une vraie découverte de soi, mais principalement de sa féminité, une redécouverte de son corps, qui ne sera plus une malédiction, mais une aide. Sa soif d’apprendre, son caractère très juste et droit, mais également très doux, font d’elle une héroïne que l’on aimerait vraiment avoir comme amie. Son voyage initiatique est incroyable, on ne s’en lasse pas une seule seconde.

La cueilleuse de thé promet une lecture profonde, qui place en son centre une jeune femme courageuse, intelligente et douce, qui nous emmène explorer avec elle les plantations de thé du Sri Lanka, avec qui nous partons à la recherche de sa féminité, et qui nous permet de ne pas oublier le combat pour les droits des femmes, peu importe la région du monde dans laquelle nous vivons.

lc-2017 lectrice charleston

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25 réflexions sur “La cueilleuse de thé de Jeanne-Marie Sauvage-Avit

  1. En fait, ces cueilleuses de thé ne semblent pas connaître un sort plus heureux que les hommes noirs dans les plantations il y a quelques centaines d’années… dire que le monde n’a pas évolué… ça m’a l’air d’être une lecture intéressante tout compte fait, même s’il ne m’attirait pas plus que ça ! J’aime beaucoup la couverture 😉

    • Oui, c’est bien vrai.. C’est une forme d’esclavagisme, quoi qu’on va te répondre qu’elles sont payées… Tente le coup, on ne sait jamais ! parfois une lecture peut nous surprendre 🙂

  2. Pingback: IMM #120 : 03 au 09 Avril 2017 | Sorbet-Kiwi

    • Je me suis renseignée après avoir lu le roman, et je lisais qu’il est très difficile d’avoir un thé équitable en fait, ou en tous cas traçable. Je disais que je ne passerais pas uniquement à la tisane, mais depuis, c’est un peu ce qui se passe, mon thé a perdu de son attirance je trouve ^^

  3. Pingback: Bilan #34 : Avril 2017 | Sorbet-Kiwi

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