Câlins Assassins de Delphine Paquereau

Bonjour à tous !

J’ai eu ce témoignage incroyablement terrible de la part des éditions Max Milo dans le cadre de la masse critique Babelio, que je remercie. J’étais très intriguée parce que j’avais déjà entendu parler de cette maladie durant mon parcours universitaire, lorsque j’ai fais mes études pour devenir éducatrice sportive spécialisée. Si je me suis détournée de cette vocation, je suis pourtant toujours intéressée par les différentes pathologies, à titre personnel.

Delphine a 4 ans lorsque son enfer commence… « On s’est toujours promis, avec maman, qu’on n’en parlerait plus, que c’était fini. Sauf qu’après cette promesse que je me refusais de trahir, j’ai eu de nombreux mauvais moments à passer… J’ai pris peu à peu conscience que mon mal-être venait probablement du vagabondage hospitalier vécu dès mon plus jeune âge, de la façon dont ma mère me manipulait, de toute cette tristesse, ces peurs si bien refoulées depuis des années. Mon esprit ne veut pas se souvenir mais mon corps, lui, n’a rien oublié et me le fait savoir. » Le syndrome de Münchhausen par procuration est une forme grave de sévices à enfant : l’adulte qui a la charge de l’enfant provoque de manière délibérée chez lui des problèmes de santé sérieux et répétés avant de le conduire auprès d’un médecin.

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Comme toujours lorsque je vous parle d’auto-biographies ou de témoignages, je précise qu’il m’est très difficile de faire la part des choses. Il est même presque injuste de lui donner une note, parce que c’est un vécu. Ce serait comme condamner si on lui donnait une mauvaise note, ou plébisciter le mal lorsqu’il en reçoit une bonne. Ce n’est pas juste, parce que cela revient à émettre un jugement, au delà du livre, sur la vie de l’auteur.e. Je vais essayer de rester objective, mais il faut bien garder à l’esprit la notion de non-fiction. Il est très courageux de Delphine Paquereau de coucher sur papier, et d’exposer son vécu familiale à la vue de tous, pour donner la parole aux enfants qui ont subit le même traitement qu’elle.

J’ai lu le roman en deux fois, sur deux jours. Et en enchaînant ainsi les pages, j’étais effarée par ce que je lisais. Cela va tellement vite ! J’ai été un peu dérangée par l’écriture de l’auteure. Elle n’est pas très travaillée, ce qui est concevable, surtout lorsqu’elle fait part de ses difficultés scolaires, dû à un absentéisme fréquent pour de nombreuses hospitalisations ou maladies. Au début, de nombreuses lettres de médecins se succèdent, et j’ai vraiment eu du mal, puisque la plupart des termes m’étaient inconnus. J’aurai peut-être aimé quelques notes de bas de pages pour m’expliquer les termes. Ainsi, cela reste à la disposition du lecteur de les prendre en compte ou non. Cela se succède très rapidement, et je n’ai que commencé à vraiment comprendre ce qui se passait alors que l’enfant grandit et devient adolescente.

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Au delà de ce travail d’écriture, qui a du demander beaucoup d’efforts, c’est surtout le travail psychique qui m’a épaté. D’une part, cette force de reconnaître les torts de sa mère. D’accepter la culpabilité de sa maman. Mais surtout, malgré sa douleur et sa haine envers elle, de lui trouver une place dans son livre, à Delphine sans sa maman. J’ai trouvé incroyable la capacité avec laquelle elle a su donner une voix à la petite-fille de son passé, à la maman en devenir puis à la mère aboutie, tout en laissant un espace à ses frères, à son père et à sa mère principalement. Cela n’a vraiment pas du être facile, et je l’admire pour cela.

S’il n’est pas indispensable de lire ce témoignage, je le conseille pourtant à tous ceux qui s’intéressent à la médecine, à la psychologie, et qui travaillent dans le milieu du social. En donnant la parole à une minorité, puisque le syndrome de Delphine, mais aussi de sa mère, est rare, elle permet aux personnes qui ne lisent pas de revues spécialisée d’en prendre conscience tout de même. En libérant sa parole, elle instruit, et peut-être qu’à terme, elle sauvera.

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6 réflexions sur “Câlins Assassins de Delphine Paquereau

  1. Je suis assez d’accord quand tu dis qu’il est difficile de juger un livre de non-fiction, surtout quand le sujet est grave… Et pourtant je le fais quand même, mais je trouve ça très délicat !
    Merci pour la découverte, je ne connaissais absolument pas cette maladie

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