Le sel de nos larmes de Ruta Sepetys

Bonjour à tous !

Cet été, ma copinaute Carnet Parisien m’a convaincue d’acheter ce roman, alors qu’elle me rendait visite. Elle m’avait déjà énormément parlé du Sel de nos larmes, et me l’a littéralement posé dans les bras en disant « Il faut que tu l’achètes. » Entre blogueuses dans une librairie, ça fait mal au budget. Mais dites, pourquoi je ne l’ai pas lu avant ?!

Hiver 1945. Quatre adolescents. Quatre destinées.
Chacun né dans un pays différent. Chacun traqué et hanté par sa propre guerre.
Parmi les milliers de réfugiés fuyant à pied vers la côte devant l’avancée des troupes soviétiques, quatre adolescents sont réunis par le destin pour affronter le froid, la faim, la peur, les bombes… Tous partagent un même but : embarquer sur le Wilhelm Gustloff, un énorme navire promesse de liberté…

Le sel de nos larmes Ruta Sepetys

Wilhelm Gustloff était chef du parti nazi suisse, assassiné en 1936. Et pourtant, un navire portait son nom, inauguré par Hitler. Un navire de croisière prestigieux, converti en bateau de fuite à départ de la Prusse Orientale, aujourd’hui une partie de Pologne et de Russie. Je n’en avais jamais entendu parler, et pourtant l’issue de ce roman est bien la plus grande tragédie maritime jamais recensée. Une histoire fictive, des personnages fictifs, mais l’Histoire est documentée telle qu’elle a eu lieue. 9500 personnes ont perdu la vie cette nuit là. Seules 996 personnes seront secourues. L’histoire du Titanic m’a toujours touchée, après avoir vu le film à 6 ans (certainement trop jeune oui…). Mais cette tragédie là m’a totalement ébranlée. Comment est-ce possible de ne jamais en avoir entendu parler ? J’en ai vu, des documentaires sur la Seconde Guerre Mondiale. J’étais particulièrement studieuse à l’école, lorsqu’on parlait de cette partie honteuse des guerres. Malgré tout, jamais je n’en ai entendu parler. Parce que les Alliés ont surement hontes, et ne peuvent pas admettre avoir lâché une torpille sur un navire qui transportait plus de 10 000 personnes en fuite, ce qui équivaut à les avoir sauvagement assassinés. 4 000 à 5 000 enfants…

Ruta Sepetys livre ici des faits issus de plusieurs années de recherches. Elle s’est déplacée, à fait des interviews, est allé rencontrer des gens, et s’est documentée, encore et toujours. C’est incroyable mais tellement nécessaire. Merci à elle d’avoir fait cela, et de m’avoir permis de sortir de l’ignorance dans laquelle j’étais plongée. Vous devez me trouver dramatique. C’est certainement le cas. Mais en sortant de cette lecture je me suis réellement dit que le proverbe « L’histoire est écrite par les vainqueurs » était très juste. Quelle horreur. Ce qui ne m’a pas empêché d’adorer ce roman, de le dévorer d’une traite, de ne pas être en mesure de m’arrêter. Une fascination morbide ? Non. Plutôt l’espoir que tout finirait bien. C’est peut-être la seule chose qui permettait aux gens de tenir et de rester en vie : l’espoir. Je l’ai fortement ressenti ici.

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J’ai envie de dire que j’ai apprécié ce roman, mais ce terme ne me semble pas juste. Simplement parce que j’en suis ressortie glacée d’effroi. Mais quel terme utiliser dans ce cas ? Lorsqu’on a dévoré un livre, parce qu’il nous a pris aux tripes, qu’il nous a embarqué dans une aventure incroyable mais terriblement sordide, d’autant plus qu’elle est réelle ? Existe-t-il un mot pour cela ? Je ne sais pas, mais ce que je sais, c’est que je me suis follement attachée aux personnages, au petit groupe qui se créé au fil de leur marche. Il était très juste de la part de l’auteure d’inclure un personnage détestable, parce qu’il incarne l’idéologie mais aussi la folie nazie. Alfred est un jeune homme qui vit dans ses illusions. Mais par le biais des quatre personnes qu’elle nous propose, on vit avec eux, on souffre avec eux, on ressent avec eux.

A vrai dire, j’ai mis beaucoup de temps à écrire cette chronique. Comment mettre des mots sur ce que j’ai ressenti en lisant ce roman ? Cela me paraissait très difficile. Je ne suis toujours pas certaine d’y être parvenue. Si j’ai envie de dire une chose, c’est qu’il devrait être obligatoire en lecture scolaire, aux alentours de la troisième. Parce qu’il nous parle, il nous travaille, il nous fait réfléchir, nous humanise, nous transporte dans une autre époque, et nous fait découvrir des choses que nous ne soupçonnions pas. Il faut le lire. C’est, finalement, tout ce que je peux dire.

Cold Winter Challenge

Lu dans le cadre du Cold Winter Challenge

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12 réflexions sur “Le sel de nos larmes de Ruta Sepetys

    • Dommage, parce qu’il est facile à lire en terme d’écriture, hyper intéressant et surtout terriblement touchant ! Mais je comprends que ça puisse aussi rebuter un peu. C’est tout sauf feel good !

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