Il faut laisser les cactus dans le placard de Francoise Kerymer

Bonjour à tous !

Voici mon premier livre lu de la box farniente contemporaine que j’ai eu de Livre-Mois ! Et quelle claque, quel coup de cœur pour cette chronique familial sensible et touchante. Laissez-moi vous en parler tout de suite.

Trois sœurs. Marie, l’aînée, s’abrite dans son bonheur quotidien entre son mari pianiste, sa librairie de livres anciens et ses deux filles.  Anne, la cadette, vit en plein vent, au pied de son phare, à Port-Manech. Sculpteur qui n’a pas la chance d’être reconnue, elle dévore la vie, les hommes, et tente de joindre les deux bouts.  Lise, la benjamine, la plus solitaire, la plus fragile aussi, cherche désespérément une rampe à laquelle s’accrocher pour sortir de sa mélancolie et croire encore aux promesses de la vie. Toutes les trois s’étaient éloignées de leur père, homme taciturne et froid. Mais à sa mort elles doivent se pencher malgré elles sur leur héritage familial, comprendre cet homme silencieux, son histoire. Elles cherchent alors à repenser leur existence, leur relation, libres enfin de choisir ce qu’elles veulent vraiment.  De Paris aux côtes bretonnes en passant par la Méditerranée, une saga familiale vive aux multiples rebondissements.

Il faut laisser les cactus dans le placard Françoise Kerymer

Si j’ai tellement aimé ce roman, c’est parce qu’il aurait pu être édité chez Charleston. Je dis ça sans vraiment connaître les éditions Lattès, mais j’y ai trouvé tout ce que j’aime, comme chez l’éditeur qui swing. Faut-il laisser les cactus dans le placard ? Marie, l’aînée d’une fratrie de trois, décide que non. Sachez tout de suite que je me suis vraiment identifiée à Marie, je vais donc d’abord parler des deux autres sœurs. Anne, celle du milieu, habite en Bretagne, dans une maison de location, sans le sou, en vendant ses sculptures comme elle peut, par ci, par là. Elle est considérée comme l’indépendante, celle qui n’a pas besoin d’homme dans sa vie, sauf pour ses désirs charnels, et elle en souffre. La petite dernière, Lise, est la dépressive, celle qui se cache derrière son mari violent, qui se cache toujours… et elle en souffre. Et Marie, l’aînée, celle qui a trouvé son antre, en gérant sa librairie, l’amour, avec Alex, fière de ses deux filles, qui fait la forte, sans jamais réussir à partager ses angoisses… et elle en souffre.

Cette chronique familial est donc un portrait de la souffrance sous tous ces aspects, mais d’une certaine façon, je l’ai vue placée sous un certain angle : le jugement des autres, ou du moins leurs regards. Forcément, c’est de Marie donc je me suis sentie la plus proche. Elle est libraire, son mari s’appelle Alex, elle est l’aînée et celle qui doit toujours maintenir l’équilibre familial, ou en tous cas, elle se l’impose. Vous voyez la ressemblance ? Ceux qui me connaissent bien, sans doutes. Quand leur père meurt, elles pensent toutes les trois être les seules héritières d’une modeste somme, alors que non, un quatrième fait son apparition : Gabriel. Fils d’une amante ? Leur père, si froid, a-t-il pu avoir une aventure ? Lise est trop plongée dans sa propre désolation pour se poser la question, et Anne veut acheter sa petite maison bretonne, peu importe pour elles. Mais Marie est comme moi, elle aime les secrets, parce qu’ils sont fait pour être découverts. Elle va donc faire de la recherche, quitte à se plonger dans la généalogie de son père. Elle s’en occupe, comme elle dit. Comme je dirais aussi.

Citation Il faut laisser les cactus dans le placard

Et voilà comment se dessine une vraie chronique familiale. On part sur les traces du père, personnage à part entière de ce roman, bien que décédé. On rencontre de nombreuses personnes, on part en voyage, physique comme initiatique. Et au final, chacun sait un peu quelque chose, sans partager toute la vérité. Mais nous, lecteurs, nous savons. Tout. Rien n’est laissé au hasard, tout est parfaitement ficelé, toutes les langues se délient pour nous. Grâce au récit à trois voix, alternant entre les trois sœurs, leurs âmes sont dévoilées. Dans les profondeurs de Lise jusqu’à l’esprit calculé de Marie, en passant par le tempérament impulsif d’Anne, nous sommes un peu la quatrième sœur, la confidente éternelle. Le journal intime ?

Je ne m’attendais à rien en lisant ce roman, et c’est un vrai coup de cœur. J’ai découvert trois sœurs complètement différentes, mûres d’âges mais qui ont tout à découvrir de la vie, et qui m’ont embarqué dans cette chronique familiale, ce voyage initiatique, cette quête généalogique, pour me dévoiler tous leurs secrets, sans jamais pleinement les embrasser. Et cette façon de dévoiler tant, de façon si douce et éparse m’a totalement séduite. Je recommande !

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