Fun Home : Une tragicomédie familiale de Alison Bechdel

Bonjour à tous !

J’ai eu ce roman graphique pour Noël il y a deux ans, et je me suis dis qu’il était temps de le sortir de ma pile à lire. On me l’a conseillé, au même titre que Maus de Spiegelman, en cours de littérature américaine. Et, si je peux comprendre pourquoi il est conseillé, je n’ai pas trouvé cette lecture évidente et je ne peux pas dire qu’elle est agréable.

Une curieuse histoire album qui mélange -assez habilement quand même- secrets de famille, enfance gothique, anxiété sexuelle, grande littérature et déchirures cachées… Le postulat ?… L’auteur -elle s’appelle Alison Bechdel- est orpheline d’un père qui -pour elle- est une énigme. Elle fait alors le portrait de cette personnalité complexe qui lui parle -tel un miroir- mais sans jamais vraiment lui adresser la parole. Leur « dialogue » s’établira pourtant au travers de la littérature -dont celle de Marcel Proust- et d’une sorte de « compréhension sexuelle ».

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Vous trouvez le résumé étrange ? Le bouquin ressemble à cela. En soi, il est vraiment intéressant. Les dessins ne sont pas colorés, ils se résument à des coups de crayons et des nuances de gris, ce qui donne un côté très sombre à l’histoire globale. Mais cela donne aussi une certaine dimension aux souvenirs qu’évoque Alison Bechdel, tout comme à la psychologie de son oeuvre.

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En fait, je trouve qu’il est difficile de « juger » ce roman graphique. Tout simplement par ce que c’est une autobiographie, et que j’aurai l’impression d’évaluer sa vie, alors que ce n’est le droit de personne. D’autant plus que j’ai trouvé l’ensemble très intéressant. Mais j’avais vraiment l’impression que Bechdel fait ici sa propre psychanalyse, ou étale des années de thérapie, comme pour y mettre un terme. L’idée ne m’a pas du tout dérangé d’ailleurs. Mais on sent que l’auteure vient d’une famille d’intellectuelle, car elle évoque de nombreuses références à des classiques… que je n’ai pas lu. Je vous parle de Colette, de Joyce, de Proust… Ses parents étant tous deux professeurs d’anglais, elle a accès à ses références, et même si elle les explique, cela alourdi tout de même considérablement la lecture.

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Mais Fun Home est surtout plébiscité parce qu’il évoque un tournant dans la littérature graphique. Alison Bechdel nous parle ici de l’homosexualité de son père, qu’il a dû caché toute sa vie. Elle dit très justement « Je suppose qu’une vie entière passée à dissimuler sa vérité érotique ne peut aboutir qu’au reniement de soi. La honte sexuelle est en elle-même une sorte de mort. ». Elle-même a fait son coming-out, et livre ici aussi le processus par lequel elle est passée pour y parvenir, pour se découvrir, pour le vivre par la suite.

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La profondeur de ce roman graphique est indéniable, bien qu’il soit parfois un peu difficile à lire lorsqu’on n’a pas les références nécessaires à sa compréhension. Néanmoins, c’est une psychanalyse qui a dû être difficile à mettre en oeuvre, tout en aboutissant à un chef d’oeuvre, qu’est Fun Home.

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7 réflexions sur “Fun Home : Une tragicomédie familiale de Alison Bechdel

  1. Je n’aime pas trop non plus lorsqu’un roman (ici graphique) se perd dans les références que je ne comprends pas… ça semble être une lecture intéressante mais pas sûre d’avoir envie de la tenter pour le moment. 🙂

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