Missy de Benoît Rivière, Hallain Paluku et Svart

Bonsoir à tous,

pour cette BD du lundi, publiée à la Boîte à bulles, c’est une tranche de vie un peu courte et triste. Très triste, en fait. Mais elle en vaut le coup sur le trafique du corps des femmes, sans pour autant parler de prostitution directement.

Etoile de cabaret la nuit, Missy redevient au matin cette grosse femme dont le monde entier se contrefiche. Une fois leur curiosité et leur désir assouvis, ses amants l’abandonnent invariablement au saut du lit.

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Cette BD au format inhabituel ne fait que 78 pages. Elle a une particularité au niveau du dessin, c’est qu’aucun des personnages n’a de visage. Ils ont un corps, des habits, ils sont entourés de décors, mais n’ont pas de visage, pas de cheveux, pas d’expression. Juste une tête ronde. Missy est une personne avec des formes, elle est corpulente, mais ne le vit pas bien. Même pas sur scène. Elle décide donc de perdre du poids, au grand damne de son patron.

Parallèlement, on suit l’histoire de Mario, par petits moments, puis de plus en plus. Il est considéré comme le puceau du cabaret, mais s’il n’approche aucune autre femme, c’est parce qu’il l’a veut elle. Sauf qu’elle ne lui accorde jamais un regard, à cause de sa réputation. Mais il ne lâche pas prise.

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J’aime cette BD, parce qu’elle est troublante. Le manque de visage nous oblige à ne nous focaliser que sur le corps, comme le patron du cabaret et tous les hommes qui couchent avec Missy. On ne se rend même pas nous même compte de qui est Mario au début, puisque tous se ressemblent. Et cela fait sacrément réfléchir. Ne se résume-t-on vraiment qu’à un corps, tel un objet désiré ? C’est le cas de cette jeune femme de toute évidence. Et c’est triste. Personne ne veut l’accepter, même une fois qu’elle ait perdue du poids. On la juge encore et toujours. La grosse reste la grosse. C’est affligeant, mais tout fonctionne comme cela.

Je me questionne aussi sur la fin, que je ne vous dirai bien sur pas. Mais Missy est inlassablement abandonnée au pieds de son lit, alors qu’elle est dans sa baignoire. Elle entend toujours la porte se fermer, sans grande précaution d’ailleurs. Elle trouve systématiquement la chambre vide une fois qu’elle sort de son bain, enveloppée d’une serviette. Mais parfois, quelqu’un fait comme les autres, en apparence, sans avoir les mêmes intentions. Sauf qu’un coeur et un corps meurtri n’a plus la capacité de s’en rendre compte, très bien bientôt. Et c’est le cas de tout le monde. Un traumatisme peut être bien profond, et ravivé par très peu de choses.

Je vous conseille cette BD si vous chercher à réflechir sur la place de la femme dans notre société et surtout sur la place de son corps. Si vous cherchez à vous détendre, passez clairement votre chemin, ce n’est pas pour vous. Par contre, si vous êtes intéressé par une BD qui bluff d’un point de vue artistique, je parle bien sûr des visages, je vous propose de jeter un œil. Cela vaut le coup.

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